Traité des blessures dues au Froid
Auteur : Zhāng Zhòng-jǐng
Traduction & commentaires : Abel Gläser
Ed. de l’Institut Liang Shen de Médecine Chinoise, novembre 2020.
2ème édition, revue et augmentée
Format : 200 X 270mm – 743 pages – Cousu collé.
Couverture souple, laminée alu
ISBN : 978-2-8399-3091-8
Préface à la première édition de juin 2014
Le projet de publications de l’Institut Liang Shen ne pouvait se faire sans qu’il se fonde sur un socle solide. C’est ainsi qu’une traduction française du Shānghán Lùn nous est devenue une évidence incontournable et primordiale, un passage obligé avant tout autre. Voici qui est fait avec cette traduction annotée de l’œuvre de Zhang Zhong-jing. Elle s’est réalisée grâce au talent et à la rigueur d’Abel Gläser qui consacre le principal de sa recherche dans l’étude et la connaissance du Shānghán Lùn en véritable passionné. D’autres – étudiants, enseignants, confrères et amis, familles – qui ne sont pas sous les feux de la rampe ont aussi participé à la réalisation de ce travail par leurs soutiens, matériels ou immatériels. Je les en remercie et leur écris ici toute ma gratitude.
La première traduction française publiée du Shānghán Lùn fut apportée par Madame Catherine Despeux, sinologue émérite, la fin du siècle dernier (Shānghán Lùn – Traité des « coups de froid » Ed. de la Tisserande, 1985). Il fallait donc, conformément à la tradition, que la présente apporte une harmonique complémentaire, c’est pourquoi le lecteur trouvera dans celle-ci de très nombreuses notes explicatives qui parfois tendent vers un commentaire exhaustif.
La nécessité, voire l’urgence, à revenir à une étude et une pratique de la médecine chinoise plus proches de ses essences originales que sont les traités classiques est apparue en Chine au début des années 2000 ; l’étude et la pratique du Shānghán L¹n n’échappent bien sûr pas à cette nécessité Dinsi que le souligne le Professeur Liu Li-hong dans le Sː Kɡo zhōng Y ː (2006). Il me paraît de la même nécessité de devoir tirer la sonnette d’alarme en ce qui concerne la pratique de la médecine chinoise en Occident, et particulièrement en Europe. Sans entrer dans une démonstration détaillée, on peut affirmer qu’il est impossible de soigner les maladies – et certainement les maladies difficiles – en médecine chinoise en faisant l’économie d’une étude approfondie et fondamentale du Shānghán Lùn ; ce serait illusoire de le croire. Aussi, nous espéronsque cette traduction annotée du SBāngBán Lùn ainsi que les publications à venir puissent être accueillies comme une lumière nouvelle par les responsables pédagogiques des écoles de formation en Médecine Chinoise quelle que soit leur mouvance car, s’il est un ouvrage qui recouvre toutes les tendances de la médecine chinoise, c’est bien celui-là.
Il ne fait aucun doute qu’un haut niveau de pratique clinique autant que de recherche théorique passe obligatoirement par l’étude du Shānghán Lùn, et même – malgré ce qu’on pourrait croire – en acupuncture. Ce simple fait, statistiquement établi en Chine, devrait être suffisant pour cesser de cantonner ce texte au diagnostic de l’attaque, de la pénétration et de la transformation du « Vent-Froid » selon les 6 méridiens (LċX Lċng Bċan ZBeng), atteinte que l’on classe habituellement dans le contexte des maladies d’origine externe. Bien évidemment le contenu du SBangBan LXn dépasse très largement ce cadre. Depuis que j’exerce la médecine chinoise, j’ai pu rédiger environ 45’000 prescriptions pour des situations où, comme c’est souvent le cas, l’origine externe de la maladie n’était pas manifestement évidente ; je peux affirmer que globalement celles qui ont donné les meilleurs résultats sont les prescriptions de Zhang Zhong-jing. Aussi, afin de se faire une idée des multiples facettes et de l’étendue clinique autant que de la théorie que propose le Shānghán Lùn, je suggère au lecteur de porter une attention particulière à l’introduction – concise mais que nous espérons assez complète – du présent ouvrage. L’expert y trouvera même quelques informations inédites dans une langue occidentale.
Afin de pallier la relative austérité et la complexité certaine du texte original, nous avons choisi de séquencer les articles dans un ordre plus pédagogique et plus logique à l’esprit du praticien d’aujourd’hui. Pour cela, le traducteur s’est inspiré de l’ordonnancement des articles établi par le Professeur Liu Du-zhou (྅ᙀᔵ, 1917-2001) qui fut l’un des experts contemporains les plus fameux du texte de Zhang Zhong-jing.
Ce texte est un joyau. Qu’il vous apporte les lumières d’une connaissance plus limpide des mécanismes du vivant.
Frédéric Breton Montségur-sur-Lauzon, le 20 avril 2014
Préface à la deuxième édition
Six ans ont passé depuis la première édition du Classique de Zhang Zhong-jing et le temps était venu d’en publier une seconde, plus entière et jusqu’à ce jour inédite dans une langue occidentale.
Pour la présente, le choix du traducteur a été d’inclure l’ensemble des 10 rouleaux de la version Song de Zhao Kai-mei, c’est-à-dire – outre les 398 articles qui font habituellement le noyau principal de cette œuvre – les 12 chapitres qui les précèdent et leur succèdent.
Cela a nécessité des travaux de recherche contextuels et linguistiques conséquents dont la synthèse remarquable peut se lire tant dans les choix de traduction que dans les nombreuses notes et commentaires de médecins célèbres qui accompagnent et étoffent le texte.
L’introduction à l’œuvre a aussi été revue et largement augmentée afin de permettre au lecteur de saisir la structure essentielle du Shanghan Lun, ses grands principes théoriques ainsi que les fondements sur lesquels Zhang Zhong-jing a logiquement construit sa clinique.
Puisse cette œuvre exceptionnelle nous éclairer davantage sur les mécanismes du vivant et nous accomplir plus avant dans la résolution de nombreuses maladies.
Frédéric Breton, Montségur-sur-Lauzon, le 20 septembre 2020